LE GUIDE DU DIRIGEANT · FISCALITÉ

Comment fonctionne l'impôt sur les sociétés ?

L'impôt sur les sociétés, souvent appelé IS, est un impôt calculé sur le bénéfice imposable de l'entreprise. Taux d'imposition, calcul du résultat fiscal, déclaration, acomptes et rémunération du dirigeant : découvrez les règles essentielles pour comprendre et anticiper votre impôt.

Guide pratique · 2026

Lorsqu'une entreprise réalise un bénéfice, une partie de celui-ci peut être due à l'administration fiscale sous la forme de l'impôt sur les sociétés. Le montant à payer ne correspond pas nécessairement à un pourcentage du chiffre d'affaires : il est calculé à partir du résultat fiscal, après application des règles fiscales en vigueur.

À retenir : le chiffre d'affaires correspond aux ventes et prestations réalisées. Le bénéfice comptable tient compte des charges comptabilisées. Le bénéfice imposable, lui, est déterminé après les retraitements fiscaux nécessaires. C'est ce dernier qui sert de base au calcul de l'IS.

1. Quelles entreprises sont soumises à l'impôt sur les sociétés ?

L'impôt sur les sociétés concerne notamment plusieurs formes de sociétés commerciales. Certaines structures peuvent également opter pour ce régime, sous réserve de respecter les conditions prévues par la loi.

Sociétés généralement soumises à l'IS

  • SAS et SASU ;
  • SA ;
  • SARL, en principe ;
  • EURL lorsque l'associé unique est une personne morale.

Structures pouvant relever d'un autre régime

  • Entreprise individuelle, en principe à l'IR ;
  • EURL détenue par une personne physique, en principe à l'IR ;
  • SNC et certaines sociétés civiles, selon leur activité et leur situation.

Des options ou exceptions existent. Par exemple, certaines sociétés peuvent opter temporairement pour l'impôt sur le revenu, et certaines structures relevant initialement de l'IR peuvent, sous conditions, choisir l'IS.

Le choix du régime fiscal doit être étudié en fonction de l'activité, du niveau de bénéfice, de la rémunération souhaitée, de la protection sociale du dirigeant et de la manière dont les bénéfices seront utilisés.

Pour aller plus loin : les règles d'imposition des résultats des entreprises.

2. Quels sont les taux de l'impôt sur les sociétés en 2026 ?

Pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2022, le taux normal de l'IS est de 25 %. Certaines PME peuvent bénéficier d'un taux réduit de 15 % sur une première tranche de bénéfice imposable de 42 500 €, si elles remplissent les conditions requises.

Fraction du bénéfice imposable Taux applicable Conditions principales
Jusqu'à 42 500 € 15 % si le taux réduit est applicable Notamment, chiffre d'affaires n'excédant pas 10 M€, capital entièrement libéré et détention du capital à au moins 75 % par des personnes physiques, directement ou indirectement, sous réserve des règles applicables aux groupes.
Au-delà de 42 500 € 25 % Taux normal pour la fraction excédentaire.
Si les conditions du taux réduit ne sont pas remplies 25 % Taux normal sur l'ensemble du bénéfice imposable, sauf régime particulier.
Attention aux sociétés appartenant à un groupe : pour vérifier la condition de chiffre d'affaires permettant d'accéder au taux réduit, le chiffre d'affaires du groupe peut devoir être pris en compte, même en l'absence d'intégration fiscale. La situation doit être vérifiée au regard des règles applicables.

Sources officielles : taux et imposition des résultats et précisions sur le taux réduit en cas de groupe.

3. Comment calculer l'impôt sur les sociétés ?

Le calcul commence par la détermination du résultat fiscal. Celui-ci part du résultat comptable, puis tient compte des corrections imposées par les règles fiscales.

Schéma simplifié :

Résultat comptable

+ réintégrations fiscales

− déductions fiscales

− déficits antérieurs imputables, le cas échéant

= résultat fiscal imposable

Qu'est-ce qu'une réintégration fiscale ?

Une réintégration augmente le résultat fiscal. Elle est notamment nécessaire lorsqu'une charge comptabilisée n'est pas déductible fiscalement, en tout ou partie.

Qu'est-ce qu'une déduction fiscale ?

Une déduction diminue le résultat fiscal lorsqu'un élément doit être retranché du résultat comptable selon les règles fiscales applicables.

Le bénéfice comptable et le bénéfice fiscal peuvent donc être différents. C'est pourquoi le calcul de l'IS nécessite une analyse des comptes et des retraitements fiscaux, et pas seulement l'application d'un taux au résultat affiché dans le compte de résultat.

4. Exemple concret de calcul de l'IS

Prenons une société qui réalise un bénéfice fiscal de 60 000 €. Pour cet exemple, supposons qu'elle remplit toutes les conditions d'application du taux réduit à 15 %.

Première tranche

42 500 € × 15 %

6 375 €

Fraction restante

17 500 € × 25 %

4 375 €

IS total estimé : 10 750 €

Bénéfice fiscal avant IS : 60 000 €

IS calculé : 10 750 €

Résultat après IS : 49 250 €

Ce calcul est illustratif : il suppose que le bénéfice fiscal est déjà déterminé, que l'exercice couvre douze mois et que le taux réduit est applicable. Il ne tient pas compte d'éventuelles contributions spécifiques, réductions ou crédits d'impôt, ni d'autres particularités fiscales.

5. Quelles charges peuvent diminuer le bénéfice imposable ?

De nombreuses dépenses engagées dans l'intérêt de l'entreprise peuvent être déductibles si elles respectent les conditions fiscales : être justifiées, se rattacher à une gestion normale, être comptabilisées correctement et ne pas faire l'objet d'une exclusion particulière.

Exemples de charges potentiellement déductibles

  • loyers professionnels ;
  • assurances liées à l'activité ;
  • honoraires et frais comptables ;
  • salaires et cotisations sociales, sous conditions ;
  • frais de déplacement professionnels justifiés ;
  • amortissements comptables fiscalement admis.

Points de vigilance

  • dépenses personnelles du dirigeant ;
  • amendes et pénalités non déductibles ;
  • frais insuffisamment justifiés ;
  • charges soumises à des plafonds ou restrictions ;
  • dépenses comptabilisées dans le mauvais exercice.

Une dépense ne devient pas déductible simplement parce qu'elle est payée par le compte bancaire de la société. Sa nature, son utilité professionnelle et les justificatifs doivent être vérifiés.

6. La rémunération du dirigeant a-t-elle un impact sur l'IS ?

Oui. Dans une société soumise à l'IS, une rémunération versée au dirigeant peut, lorsqu'elle correspond à un travail effectif et n'est pas excessive au regard du service rendu, être déductible du résultat imposable. Elle doit être correctement décidée, comptabilisée et déclarée.

Cette rémunération est également susceptible de supporter des cotisations sociales et une imposition personnelle. Son coût global doit donc être étudié, plutôt que de considérer uniquement l'économie d'IS.

Et si le dirigeant préfère les dividendes ?

Les dividendes correspondent à une distribution de bénéfices aux associés. Ils ne constituent pas, en principe, une charge déductible du résultat fiscal de la société : l'IS est calculé avant leur distribution.

Après l'IS, les associés peuvent décider de distribuer tout ou partie du bénéfice distribuable, sous réserve des règles juridiques et financières applicables. Les dividendes sont ensuite soumis à leur propre régime fiscal et, selon la situation, social.

À retenir : rémunération et dividendes n'ont pas le même traitement. Le choix dépend notamment de la forme juridique, du statut social du dirigeant, de ses besoins de revenus et de la trésorerie que l'entreprise doit conserver.

7. Quand et comment payer l'impôt sur les sociétés ?

Le paiement de l'IS intervient généralement au moyen de quatre acomptes pendant l'exercice, puis d'un solde après la clôture. Les échéances sont déterminées en fonction du calendrier fiscal et de la situation de l'entreprise.

1

Les acomptes

Ils sont généralement versés les 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre pour une entreprise clôturant au 31 décembre, sous réserve des règles et exceptions applicables.

2

Le solde

Il correspond à l'IS finalement dû, diminué des acomptes déjà payés et des crédits d'impôt imputables, le cas échéant.

Des exceptions existent notamment pour certaines entreprises nouvellement soumises à l'IS ou lorsque le montant d'impôt de référence ne dépasse pas le seuil prévu par les règles fiscales. Il faut vérifier si la société est dispensée d'acomptes.

Pour une clôture au 31 décembre, le solde de l'IS est en principe télépayé au plus tard le 15 mai de l'année suivante. Pour une clôture à une autre date, l'échéance dépend de la date de clôture. Les règles de dépôt de la déclaration de résultat ont leur propre calendrier.

Consultez les échéances et modalités à jour sur le site des impôts professionnels.

8. Quelle déclaration remplir pour l'IS ?

Une société soumise à l'IS doit déposer une déclaration de résultat, généralement au moyen du formulaire n° 2065 et de ses annexes, selon le régime applicable. La déclaration est transmise par voie dématérialisée.

La déclaration permet de présenter le résultat fiscal et les informations nécessaires à la liquidation de l'impôt. Elle s'appuie notamment sur la comptabilité annuelle et les retraitements fiscaux réalisés à la clôture.

  • Vérifier que les comptes de l'exercice sont complets et cohérents.
  • Contrôler les charges, produits, amortissements et provisions.
  • Identifier les réintégrations et déductions fiscales nécessaires.
  • Vérifier les déficits reportables et les crédits d'impôt éventuels.
  • Préparer la déclaration de résultat et ses annexes.
  • Transmettre la déclaration et régler les montants dus dans les délais.

Pour un exercice clôturé au 31 décembre, la déclaration de résultat est en principe déposée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai de l'année suivante, sous réserve des délais et tolérances administratifs applicables. Pour les autres dates de clôture, le délai est généralement de trois mois après la clôture.

Référence pratique : Service Public Entreprendre.

9. Que se passe-t-il si l'entreprise réalise un déficit ?

Une entreprise peut enregistrer une perte au cours d'un exercice. Dans ce cas, elle ne paie généralement pas d'IS au titre d'un bénéfice imposable inexistant, mais elle doit malgré tout respecter ses obligations déclaratives.

Selon les règles fiscales applicables, le déficit peut notamment être reporté sur les bénéfices des exercices suivants. Le report en arrière, appelé « carry-back », peut aussi être possible sur option et sous certaines conditions, dans les limites prévues par la loi.

Important : un déficit comptable ne suffit pas toujours à déterminer le déficit fiscal reportable. Il faut d'abord effectuer les retraitements fiscaux nécessaires et vérifier les règles d'imputation.

10. Les erreurs à éviter concernant l'IS

  • Calculer l'IS sur le chiffre d'affaires : l'impôt est calculé sur le résultat fiscal imposable, pas directement sur les ventes.
  • Confondre résultat comptable et résultat fiscal : des retraitements peuvent être nécessaires.
  • Appliquer automatiquement le taux réduit : il faut vérifier les conditions de chiffre d'affaires, de capital et, le cas échéant, de groupe.
  • Déduire des dépenses personnelles : les dépenses doivent respecter les conditions de déductibilité.
  • Oublier les acomptes ou le solde : la déclaration et le paiement sont deux obligations distinctes.
  • Confondre bénéfice et trésorerie disponible : une société peut avoir un bénéfice comptable sans disposer immédiatement des liquidités correspondantes.
  • Oublier l'imposition des dividendes : la fiscalité de la société et celle de l'associé sont deux niveaux distincts.

11. Comment anticiper le montant de l'IS ?

Pour éviter une mauvaise surprise au moment de la clôture, il est utile de suivre régulièrement le résultat de l'entreprise et d'estimer son impôt prévisionnel.

  • Mettre à jour la comptabilité tout au long de l'année.
  • Suivre les ventes, les charges et les marges.
  • Vérifier les dépenses non déductibles et les justificatifs manquants.
  • Anticiper les amortissements, provisions et investissements.
  • Évaluer les acomptes d'IS et les échéances de paiement.
  • Prévoir la trésorerie nécessaire au paiement de l'impôt.

Un suivi périodique permet au dirigeant de mieux comprendre la rentabilité de son activité et de prendre ses décisions en tenant compte de la fiscalité et des besoins de trésorerie.

12. Questions fréquentes sur l'impôt sur les sociétés

Quel est le taux normal de l'IS en 2026 ?

Le taux normal est de 25 %. Certaines PME remplissant les conditions légales peuvent bénéficier d'un taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice imposable, pour un exercice de douze mois.

L'IS est-il calculé sur le chiffre d'affaires ?

Non. Il est calculé sur le bénéfice fiscal imposable, déterminé à partir du résultat comptable après les corrections fiscales nécessaires.

Une société qui ne réalise aucun bénéfice doit-elle déclarer son résultat ?

Oui, une société soumise à l'IS doit en principe déposer sa déclaration de résultat même si elle est déficitaire ou ne doit pas d'IS au titre de l'exercice.

La rémunération du dirigeant est-elle déductible ?

Elle peut être déductible si elle correspond à un travail effectif, n'est pas excessive et respecte les conditions fiscales. Son traitement dépend aussi du statut du dirigeant et des règles applicables à la société.

Les dividendes diminuent-ils le bénéfice imposable ?

Non, les dividendes distribués aux associés ne sont en principe pas déductibles du résultat fiscal. L'IS est calculé avant leur distribution.

Quand faut-il payer l'IS ?

Le paiement se fait généralement par acomptes puis par un solde après la clôture. Les dates dépendent de l'exercice et de la situation fiscale. Le calendrier officiel doit être vérifié pour chaque entreprise.

Peut-on reporter un déficit fiscal ?

Oui, sous conditions, un déficit fiscal peut être reporté sur les bénéfices d'exercices ultérieurs. Un report en arrière peut également être envisageable selon les règles applicables.

Est-il préférable de choisir l'IS ou l'IR ?

Il n'existe pas de réponse universelle. Le choix dépend notamment du statut juridique, du bénéfice attendu, des besoins de rémunération, de la situation personnelle du dirigeant et de la stratégie de développement de l'entreprise. Une simulation comparative est recommandée.

Besoin d'y voir plus clair dans la fiscalité de votre entreprise ?

Comprendre son résultat, anticiper l'impôt et organiser ses échéances permet de mieux piloter son activité. LM GESTION accompagne les dirigeants dans le suivi administratif et la gestion de leur entreprise, avec une approche adaptée à leurs besoins.

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Article informatif mis à jour en octobre 2026. Les taux, conditions d'application, échéances et règles de calcul dépendent de la situation de l'entreprise et de la législation applicable. Vérifiez les sources officielles ou sollicitez un professionnel pour votre cas particulier.

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